mercredi 19 juin 2013

Guerre




Y’a toujours une guerre
Quelque part sur la terre
Qui se laisse oublier
Sans cesser de tuer.

Toujours un dictateur
Qui sème la terreur
Dans un endroit du monde
Où la révolte gronde.

Toujours une trahison
Un mensonge, un affront
Déchirures et pleurs
De l’amour qui se meurt.

Promesses disparues
Et rêveries déçues
Perdues avec le jour
En un triste séjour.

Le pinceau inutile
Arabesques futiles
Rage au cœur du tableau
Lacéré, en lambeaux!
 

Gardecorpheline



Dans le silence de cette nuit qui s'étiole
Accrochée au garde-corps, petite luciole
Partage sa solitude pauvre bestiole
En éclairant son désespoir et son cafard.
 

 

Le fantôme de Vanille




Quand le fantôme du greffier
Revient parfois me défier
De sa douceur à la vanille
Griffes rentrées sans me méfier
De ces souvenirs qui fourmillent

Couronne


Sa chevelure de sauvageonne
Tressée en couronne, emprisonne
La folle blondeur d'un champs de blé
Dans la musique d'un été
Où l'ocarina résonne.
 
 
 
 

Aillipse



 
Petit' nymphe fragile hibernant dans la main
Qui te tient lieu d'écrin les ailes immobiles
Compagne des mauvais jours dans cet hiver hostile
De terre cuite et d'argile la statue du jardin
 

2 juin 8h05'



Dans la blancheur aseptisée
Ma vie s'égrène au goutte à goutte
La réalité s'est figée
Là où est suspendue ma route

L'été glisse sur les rideaux
Et je vois un coin de ciel bleu
Dans l'autre monde il doit faire beau
Un de ces jours qui rendent heureux

Un jour à aller au jardin
Respirer la menthe froissée
Déguster ce frais petit vin
Tes baisers aux fraises écrasées

On relève mes oreillers
Une journée va commencer
Mon corps dans ce cocon figé
Mon esprit par-delà les prés.



A Verlaine





Les yeux arrimés à ce carré de verre sale
J'ai regardé le soleil rouge se lever
Peignant le monstre de béton de rose pâle
Qui n'en a cure, en ses entrailles affairé
La machine au repos va bientôt s'ébranler
Combats de vie et de mort choqués en son ventre
Des espoirs vont renaître, des destins basculer
Moi aussi j'attends là impuissante en son antre
Les yeux toujours rivés à ce carré de verre
Je pense à Paul Verlaine, à ses vers qui désarment
Il m'accompagne et me tend la main comme un frère

"Le ciel est par-dessus le toit, si bleu, si calme".

Je veux encore!





Marcher dans une rue écrasée de soleil
La robe qui tournoie au rythme de mes pas
Boire une bière fraîche au parfum sans pareil
De la terrasse ombragée qui m'ouvre les bras.


Me perdre au détour du carnaval de Venise
Dans la brume glacée aux charmes irréels
Rêver de la Toscane que la lumière irise
Oliviers vert argent, terre ocrée douceur miel.


Voir les neiges éternelles et immaculées
Tous les musées où les beautés sont exposées
Églises renaissance ou baroques chargées
Syndrome de Stendhal, Florence bien-aimée.


Goûter les langoustines avec le muscat sec
Parler en italien de la dolce vita
Puis courir vers la mer aux senteurs de varech
Fuir le sable brûlant plage Terracina.


Créer et arracher une motte d'argile
Donner vie, espérer la plus belle sculpture
Écrire tout en laissant venir les mots dociles
Faire glisser le pinceau au cœur de ma peinture.


Et caresser mes chats et découvrir le monde
Et m'accrocher à toi, t'enlacer, t'embrasser
Aller au cinéma, t'aimer chaque seconde
Ressentir le plaisir de l'amour fusionné.


Cet homme à la voix grave est toujours mon arsouille
Bras autour de mon cou, adorable bambin
De sa petite bouche "donne-moi un mi-mouille"
Baisers doux, chauds, fondant, délicieux câlins.


Je veux toutes ces choses et finir apaisée
Je veux devenir vieille, des rides plein le miroir
Mes yeux décolorés et mes mains pigmentées
Coiffer mes cheveux blancs qui furent jadis brun noir.

vendredi 24 juin 2011

Où?


Où s’enfuit le sourire

Qui éclairait mes yeux

Où s’échappent les rires

Après le couvre-feu

Où sont les mots d’enfants

Chantant  à mes oreilles

Où fondent les baisers

Au pays des merveilles

Où s’en vont les chansons

Qui naissaient  sur mes lèvres

Où couve la passion

Qui me donnait la fièvre

Où fini l’idéal

Qui animait mon cœur

Dans le néant glacial

Lorsqu’aura sonné l’heure.






Caresse



Dans l’instant caressant
Tout est délicieux
La douceur et le chant
Du plus doux des aveux.



Les amants réunis
Touchent d’un doigt gracile
Le serment qui se lit
Sculpté dans cette argile.



Désormais ne font qu’un
Attachés par l’amour
Leur visage commun
Fusionné pour toujours.


Fragrances d'amour



Quand mon prince charmant s’en est allé

Longtemps a flotté l’odeur de son corps

Planant lascivement dans le décor

Fragrance d’amour parfum exhalé.



Longtemps a flotté l’odeur de son corps

Déposée sur mes mains sur ma peau

Fragile comme l’aile d’un oiseau

Planant lascivement dans le décor.



Déposée sur mes mains sur ma peau

Quand mon prince charmant s’en est allé

Fragrance d’amour parfum exhalé

Fragile comme l’aile d’un oiseau.

Cœur brisé




Se délier de la main crispée

Se laisser glisser, résignée

Dans le cratère du four sans fond

En oubliant jusqu’à ton nom.



Le froid revenant goutte à goutte

Figeant sur les parois du doute

Les brisures,  fragments de terre

Des pleurs pétrifiés en poussière.



Cœur dans le silence du temps

Glacé au milieu du néant

A jamais démantibulé

En un baiser évaporé.


Bonheur




Laisser s’épancher  la douceur 

Sous le pinceau et sur la toile

Eclaboussée de couleur

De soleil, de poudre d’étoiles.



L’ocre des  souvenirs mêlés

De terre de Sienne brûlée

Fond dans les baisers parsemés

Sur notre route aquarellée.



Les mains plongées dans la terre

D’enchantement et de labeur

Autour de l’amour se resserrent

Pour emprisonner le bonheur.

Juillet 2002




Quand la mer gèlera teintée

De l’ultime goutte de sang

Et que le soleil pétrifié

Phosphorera dans le néant

La rose ne sera qu’épine

Dans l’univers désenchanté

Transperçant mon âme chagrine

Privée de continuité.

Sur le grand lac de notre vie

Lorsque que le glas a sonné l’heure

Glisse la barque anéantie

Le temps sur le verglas du coeur.


Août


Mille couleurs éclatent, les plus belles qui soient
Sur des rivages d’eau, de pierres et de verdure
Les oiseaux nous survolent comme s’il allait de soi
Que le miroir de l’eau soit de teinte si pure
Ce mois d’août est si doux pour nous parler d’amour
La nature est en fête et l’Ourthe y étincelle
De pouvoir à jamais parcourir les beaux jours
Avec dans ma peinture cette source  éternelle.

Sans culpabiliser



J’ai bien tout observé
Les règles et les conseils
Des mentors agréés
Aux écolo-réveils.

J’ai changé ma chaudière
Mazout et pollution
Pour une plus altière
As de condensation.

Mes ampoules électriques
aux anciens filaments
Pour des économiques
Et pouvoir performant.

Sous la douche, en chantant
Tout en rationnant l’eau
Je rince promptement
Le savon sur ma peau.

Je mange fruits et légumes
Locaux et de saison
Excepté les agrumes
Absents dans ma région.

C’est pas ma faut’ à moi
S’il fait trop chaud ici
La folie du climat
Vous cause des soucis.

J’ai bien tout observé
Les règles et les conseils
Laissez-moi profiter
Du délicieux soleil.

Vous Messieurs les censeurs
Et donneurs de leçons
Quand aura sonné l’heure
Retentira le gong.

Laissez-moi profiter
Du soleil sur ma peau
Sans culpabiliser
Ce mois de juin si beau !


mardi 22 septembre 2009

Epiptère


abracadabra


Jardin secret au clair de lune


Chaque nuit d’insomnie je flâne et me promène
Pieds nus dans l’herbe fraîche du doux jardin secret
J’aborde un lieu étrange monde des farfadets
Je suis cheveux au vent l’étoile qui m’emmène.

Au détour d’un chemin tu m’attends sous un chêne
Nous nous fondons tous deux au cœur de ce sonnet
Et la lune d’argent nous poudre des reflets
D’un halo bleu céleste en observant la scène.

Marchons main dans la main tout droit au clair de lune
Nos ombres qui s’allongent jusqu’à ne faire qu’une
Effleurent en clair-obscur le jardin en émoi

Ta cocotte en papier libérée et magique
S’envole en ce jardin pour toi, rien que pour toi
Laissant à mon réveil un regret nostalgique.

L'esprit des collines



Dans ma main un caillou poli
Par des temps de brise câline
Soleil de Toscane pâli
Bonheur perdu dans les collines.

Du bois flotté aux reflets gris
Arraché à ces oliviers
Réminiscences en débris
Que le destin a dévié.

Pas de paradis, pas d’enfer
Juste des rires dans cette terre
Des souvenirs au goût amer
Planent au pied des conifères.

San Felice Circeo, riviera d'Ulysse


Ulysse donne un dernier baiser
Sur la bouche amère de Circé
Tourné vers d’autres aventures
Voguant vers des amours futures
Calypso, le chant des sirènes,
Abandonnant la magicienne
Sacrifiée sur l’odyssée.
Lors que Pénélope obstinée
Une fois encor’ défait l’ouvrage
Attendant le mari volage.

Petit coeur


Un petit cœur rouge sur le tableau blanc
Presque effacé sur la ligne du temps
Me demande pourquoi, se demande comment
Est arrivé là après si longtemps.

Je serai vieille


Quand je n’attendrai plus
Les lilas du printemps
Prémices du beau temps
Qui revient assidu.

Quand le vent frôlera
Mon visage insensible
Le soleil invisible
A mes yeux s’éteindra.

Quand je serai muette
Aux chansons de Paris
Qui donnent le tournis
Aux flonflons de la fête.

Quand je me lasserai
Des rues de Florence
Chargées de renaissance
Au détour des palais.

Quand je n’aimerai plus
Cœur battant, amoureuse
Déchirée ou heureuse
Par l’amour absolu.

Quand je n’ébaucherai
Plus de projets futiles
Créations inutiles
Superflu qui me plaît.

Et lorsque résignée
Devant les injustices
Les guerres dévastatrices
La misère réprimée…

… Alors je serai vieille.

Déracinée


A Pina...


Du vent du sud au vent du nord
Emportée par la tramontane
Changement de lumière, de décor
La peau pâlie et diaphane.

Partie dans la grisaille des brumes
Le cœur tourné vers le soleil
Souvenir suave des agrumes
Parfum à nul autre pareil.

S’arracher au feu des usines
Refaire le chemin à l’envers
Scruter l’effigie des racines
Sur la médaille, à son revers.

Le teint de terre de Sienne brûlée
Qui dissimule les blessures
De son histoire déracinée
Oscillant entre deux cultures.

Le regard un peu étranger
S’entremêlant à l’accordoir
Et au rameau de l’olivier
Enraciné dans son espoir.

Réchauffement


Le soleil d’avril facétieux
Me contraint à plisser les yeux
Sur les lilas déjà fanés
Le mois de mai point incrédule
Sous une étrange canicule
Ses charmes dès lors étiolés.

La terre safrane déshydratée
S’épuise, suffoque asphyxiée
Sous les rayons incandescents
Au loin les arbres se consument
Arabesques obscures qui fument
Dans l’embrasement rouge sang.

Je doute allongée au soleil
Rien n’a changé dans mon sommeil
Les oiseaux chantent c’était un rêve
La brise chaude et printanière
Court sur ma peau primesautière
Dans ce mois d’avril qui s’achève.

lundi 21 septembre 2009

Poème en trois couleurs

Bleu


Il est des soirs charmants
Où tout est délicieux
Dans la douceur flottant
Sur un fond de ciel bleu.

Le jour tarde à s’enfuir
Croissant de lune pâle
Éclairant l’avenir
Nacré comme l’opale
Des amoureux ravis
Touchant d’un doigt gracile
Le serment qui se lit
Comme un livre fragile.

Désormais le possible
Qui joue avec l’amour
Flèche au coeur de la cible
Espérant le toujours.



Orange


Il est des soirs étranges
Où tout est flamboyant
Prenant des tons orange
Volcans incandescents.

Dans le feu du câlin
Et des parfums grisants
Les lèvres et les mains
Cherchent l’instant présent
Le coeur de la passion
Frôle cette brûlure
Retardant l’explosion
Exquise déchirure.

Désormais la blessure
Marquée au creux du corps
Stigmate qui murmure
Un appel, un encore.


Noir


Il est des soirs si tristes
Où tout est désespoir
La vie, l’amour, sinistres
S’affichent sur fond noir

Les flambeaux allumés
Éclairent les amants
Aux portes du passé
Dans les cris déchirants
Qui montent des enfers
Coeurs à feu et à sang
Baisers au goût amer
Obsédant, lancinant.

Désormais solitaire
Et n’attendant plus rien
Dans les plis du suaire
Que d’écrire le mot fin.

Regrets d'été


Les baisers tomate-cerise
Que tu me donnais cet été
Enfuis sous la poussière grise
En ton cabas abandonnés.

Regrets


Les doigts appuyés au verre bleu
Enfoncent et basculent les yeux
De la poupée de porcelaine
Deux grands trous noirs, pauvre vilaine
Aveuglée par cette fille
Qui a perdu sa seule amie.

Le nouveau jouet disloqué
Que le gamin a démonté
Rouages, engrenages qui claquent
Au sol, le puzzle démoniaque
Devant cet enfant pétrifié
Regardant son jouet cassé.

Trahisons, mensonges, mépris
Ont semé les larmes et les cris
Les banderilles dans le coeur
Et dans l’image du bonheur
Silence, le temps arrêté
Sur son bel amour envolé.